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Dominique Bertinotti – Maire du 4ème arrondissement de Paris

Myriam SALAH -EDDINE, conseillère communautaire (Communauté Urbaine de Marseille)

Edith Cresson – Ancien Premier Ministre

Chantal Brunel – Députée de Seine et Marne

Fabien Pierre Nicolas - Animateur de Désir d’Avenir et « Congrès Utile et Serein »

Débat animé par Patrick Lopez, journaliste à la chaine parlementaire

Modérateur

 

  Ce que je veux vous proposer c’est on va faire les choses de manière très simple je pense que si j’ai bien compris l’esprit aussi de cette rencontre c’est qu’elle se fasse dans la convivialité donc c’est évidemment ce qu’on va essayer de faire ensemble et donc j’aurai le plaisir de poser deux ou trois questions à celles qui sont ici réunis et puis on vous donnera aussi d’abord l’occasion d’intervenir ou plus exactement de poser des questions le cas échéant et vous me ferez un petit signe et je viendrai vers vous à ce moment-là. Mais la question du jour enfin de cet après-midi en tout cas c’est celle de la parité en politique et comment faire en sorte que celle-ci peut-être, progresse.


J’ai quand même envie de vous poser une question et c’est assez rare d’avoir autant de femmes qui ont réussi présentes devant nous. Comment Mesdames, et on verra ensuite Monsieur le Secrétaire, comment Mesdames, êtes-vous arrivées en politique et pourquoi vous avez décidé alors que chacune d’entre vous avait peut-être d’autres aspirations, d’autres volontés, comment avez- vous émergé, comment vous êtes-vous décidée un jour de vous investir justement dans le champ politique ?

Mme Cresson


Alors c’est à moi que vous posez la question ?


Modérateur

Avec plaisir Mme Cresson

Première intervenante, Mme Cresson :

Voilà ! (01 :22) La parité c’est un grand sujet, on en entend parler depuis toujours, y a pas beaucoup de progrès, y a beaucoup de discours et peu de progrès,c’est en tout cas ce que je peux constater et que chaque étape a été arrachée et même quand on arrive à avoir un succès dans les textes, il n’est pas suivi d’application. Aussi bien dans le domaine politique que dans le domaine économique et on pourra si vous voulez détailler après.

Alors vous m’avez posé une question personnelle : (01 :50) Comment je suis arrivée en politique ? Moi je me suis toujours intéressée à la politique, j’ai fait HEC à cette époque là c’était pour les jeunes filles hein, on n’avait pas le droit de passer le même concours. Donc les garçons on ne les voyait que dans le bal annuel (Rires du public) mais autrement, il y avait une école spécifique pour nous et donc ensuite j’ai travaillé dans des cabinets d’études et puis j’avais une amie Paulette Decraene qui travaillait avec François Mitterrand pendant très longtemps et qui était d’ailleurs une de mes anciennes camarades de classe et elle m’a dit :

« Viens nous aider, c’était bien avant 81, viens nous aider on a besoin, le parti socialiste c’était bien avant Epinal, on a besoin de tout le monde et j’ai donc participé à la toute première campagne présidentielle de Mitterrand. On faisait tout nous-mêmes on collait les timbres, on faisait les paquets, on faisait même le programme parce qu’il n’y en avait pas. (Rires du public) Oui, très peu en fait, l’ossature. Et donc au fur et à mesure, on inventait, on répondait aux questions, ce qui nous paraissaient de bon sens. D’ailleurs ça avait l’air de satisfaire tout le monde (rires du public) et ça m’a encouragée. Et puis après il y a eu un congrès où on m’a demandé d’être secrétaire nationale à la jeunesse des étudiants, c’est un secteur extrêmement turbulent, donc je restais cité Malesherbes quand tous les autres étaient en poste à l’assemblée nationale et donc on jugulait un petit peu cette jeunesse en effervescence, et puis on m’a envoyée à Châtellerault parce que personne ne voulait y aller. Donc pour les femmes c’était comme ça c’était imprenable les hommes voulaient aller dans les circonscriptions, je vais pas vous faire un dessin, vous expliquer lesquels (rires du public) mais tout le monde les connaît, qui sont gagnées d’avance, et puis voilà je me suis intéressée à des secteurs qui n’intéressaient personne, l’agriculture par exemple, pour les socialistes l’agriculture c’est pas pour nous donc je me suis donc intéressée à l’agriculture, j’ai même fait une thèse de doctorat d’ethnographie sur le secteur agricole et donc je me suis retrouvée ministre de l’agriculture après les élections présidentielles. Voilà en gros ça m’a toujours intéressée, c’est un concours de circonstances les unes après les autres qui m’a conduite là. J’ai saisi les occasions, ces occasions dont personne ne voulait et je crois que c’est le sort de beaucoup de femmes. De ce que je peux dire.

Modérateur

Merci

(Applaudissements)

Mme Brunel, la même question


Seconde intervenante, Mme Brunel

La même question. (04 :21)Moi très rapidement j’ai fait des études, j’ai fait neuf ans de cabinet ministériel de 72 à 81, j’ai fait sciences Po, j’ai fait de la sociologie à Nanterre. J’ai commencé en sociologie à Nanterre par opposition à la famille qui voulait que je sois enseignante. Donc en sociologie à Nanterre à l’époque je me suis dit j’suis sûre que je ne serai pas enseignante. (rires du public) Ensuite je suis allée à sciences Po, j’ai toujours travaillé pendant mes études, donc j’ai même travaillé un peu le soir la nuit à RTL. J’arrivais à 4 heures du matin et on terminait à 9 heures puis en 81, donc j’ai été sept ans conseiller technique au cabinet du ministre de l’intérieur, j’ai fait la campagne de Valery Giscard D’Estain en 74. En 81 je me dis : « Il faut faire absolument autre chose, donc je suis allée dans le secteur privé. J’ai été à la direction générale d’un certain nombre d’entreprises Tetrapak avec un télégraphe, un téléphone le groupe ELI. J’ai refait des études, j’ai fait le CPA. En 89 j’ai repris en Seine et Marne à Torcy, je suis l’élue moi, de la banlieue de la seconde couronne de la région parisienne, donc j’ai repris une affaire en difficulté en 89, ensuite j’ai été dans un certain nombre d’associations. A ma surprise en 98 on m'a appelée pour me dire ben écoute ça serait pas mal, bon j’avais une certaine visibilité pour être conseillère régionale en Seine et Marne donc j’ai été tête de liste UDF en Seine et Marne enfin on avait une liste commune c’était RPR / UDF. Et puis, en 2002, j’avais envie d’être - j’étais chef d’entreprise, j’avais trois entreprises - j’avais envie d’être candidate aux élections législatives -circonscription qui a toujours été tenue par la gauche - et puis, et puis bien sûr je n’ai pas eu l’investiture. Bon, et alors je vais vous raconter parce que, Bernard Accoyer qui est aujourd’hui président de l’assemblée nationale qui me l’a raconté. Les investitures avaient été données, donc on l’avait donné à un maire de 20 000 habitants qui était UDF etc. Et puis il parait qu’une nuit à minuit Chirac a appelé Accoyer en disant que c’était scandaleux, y a pas de femme candidate etc. et donc là ou aucun parlementaire n’avait fait de mandat. Les cinq premières années j’ai beaucoup travaillé, j’ai bien sûr vendu mon entreprise parce que vous ne pouvez pas être députée d’une circonscription de 100 000 habitants, qui est une des plus grandes de France, conseillère régionale et avoir des responsabilités sociales dans l’entreprise et j’ai été réélue en 2007 donc et maintenant je continue beaucoup à m’occuper de ma circonscription mais j’ai pris des responsabilités à l’UMP ou j’ai d’abord été secrétaire nationale aux fédérations professionnelles et depuis deux mois porte-parole de l’UMP. Ce qui demande aussi beaucoup de travail. Voilà


(Applaudissements)



Troisième intervenante, Mme Salah-Eddine ( Dernière édition le 07 Septembre 2008 (18:20) aide par Kerstin Plewka Ce paragraphe est édité par depuis 01 Janvier 1970 00:00:00 )

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Modérateur


Myriam Salah-Eddine à vous on vous a déroulé le tapis rouge ?



Mme Salah-Eddine


(07 :09) Je sais pas si on m’a déroulé le tapis rouge mais je dois dire que c’était un concours de circonstances. Après avoir fait des études en Génie Civil, donc je dois dire que peut être le milieu d’hommes c’est peut être un milieu de prédilection dans lequel je me sentais bien, donc j’ai fait des études de conducteur de travaux et c’est pour ça que j’étais très attentive à la table ronde de ce matin qui était très très intéressante et puis en 99 à Marseille, Renaud Muselier, bon je gravitais un peu dans le milieu associatif après avoir fait des manifestations etc. etc., il m’a proposé de rejoindre le parti politique qui était à l’époque le RPR et il y avait la loi sur la parité qui allait être votée et puis ben j’ai dit non parce que je ne voyais pas du tout ce que je pouvais apporter comme simple citoyenne. Pour moi c’était une strate importante ou il y avait des élites ou il y avait que les meilleurs des meilleurs et puis ben j’ai refusé cette invitation même si j’étais bel et bien de droite et puis quelques années plus tard, une petite année plus tard en fin 2000 quasiment on revient me chercher et on me dit : « Myriam il faut vraiment que tu te décides et puis j’ai décidé d’aller dans cette belle aventure, malgré tout, parce que même s’il y a beaucoup de difficultés dans cette vie politique, elle nous apporte beaucoup, elle nous fait grandir, j’avais 27 ans à l’époque, donc j’ai été la benjamine du conseil municipal auprès de deux hommes pour moi exceptionnels qui sont Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier et c’est vrai que ben voilà j’ai été propulsée puisqu’il fallait des jeunes, j’avais 27 ans, des femmes et puis j’étais issue de l’immigration donc un espèce de trois en un (rires du public) qui a fait que j’ai explosé dans les médias. Comment ça se fait des jeunes issus de l’immigration à droite, non mais c’est pas possible, à Marseille. (rires du public) Non mais je vous assure que c’était ça. « Vous êtes sujette de discrimination » alors quand je leur disais mais non pas du tout ma seule discrimination c’était de montrer que j’avais de la légitimité d’être là non pas par les compétences parce que je ne les avais pas en politique mais la plus belle et grande discrimination que j’ai pu avoir c’était mon âge, 27 ans être adjointe au maire, à la ville de Marseille, deuxième ville de France, en charge de la politique familiale et du droit des femmes, je peux vous assurer que pendant plus d’une année et demie, il a fallu batailler pour montrer que, ben voila laissez-moi ma chance et je vais le faire ! Et quelque part quand je dis que le milieu des hommes est un milieu ou peut être on peut se sentir à l’aise, j’ai été à 20 ans beaucoup plus à l’aise sur les chantiers à conduire des hommes en tant que conducteur des travaux puisque là il se posait pas la question. J’étais une femme mais j’avais la légitimité d’être sur le terrain. On se demandait pas si j’étais là pour faire plaisir à l’entreprise ou parce que j’étais jeune ou parce que ci ou parce que ça mais tout simplement parce que j’étais diplômée et que j’avais la compétence pour pouvoir diriger ces hommes là sur ces chantiers là. Et je crois que malheureusement, des années bien plus tard, les femmes, excusez moi vous avez quelques années de plus que moi, mais on a toujours pas cette légitimité là. A aucun moment on nous voit comme nous sommes mais je crois qu’on aura l’occasion d’en débattre. Mais tout simplement, voila à des moments ce sont des rencontres avec des hommes et des femmes qui font qu’à un moment donné on a envie de s’investir, envie d’aller de l’avant et s’investir dans la strate politique parce que c’est vrai que quand j’ai regardé que un an de réflexion pour me dire vas-y Myriam, tout simplement parce que quand je la regardais, elle n’était pas à l’image de la société mais je crois que c’est ce qui à fait que pendant des années, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes ont tourné le dos à la vie politique et aujourd’hui on sent qu’il y a réellement une volonté de l’ensemble de la population à tout simplement avoir la connaissance et s’intéresser à la vie politique, si toutefois on avait réussi à faire ça ben je crois que ça serait déjà pas mal, voila merci.


(Applaudissements)



Modérateur


Pour l’instant déjà à vous trois mesdames et peut-être aussi madame BERTINOTTI cette passion visiblement qui vous anime. Madame Bertinotti la même question donc, qu’est-ce qui vous a amenée à la politique ?



Quatrième intervenante, Mme Bertinotti ( Dernière édition le 07 Septembre 2008 (18:21) aide par Kerstin Plewka Ce paragraphe est édité par depuis 01 Janvier 1970 00:00:00 )

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(10 :52) Alors moi c’est déjà un centre d’intérêt ancien, j’ai commencé quand j’étais en FAC je pourrais même dire un peu au lycée et puis j’étais plutôt dans la mouvance du PSU et ensuite pour moi le militantisme était incompatible avec la capacité à la fois à passer ses diplômes à élever un enfant donc j’ai priorisé les choses donc j’ai mis un peu entre parenthèses le militantisme actif au début de ma carrière professionnelle, je suis maître de conférence d’histoire contemporaine et je souhaitais aussi élever mon fils puisque c’est très coûteux en terme de temps de réunion. C’est des réunions qui durent tard, les hommes n’ont pas de contrainte de rentrer à minuit, une heure ou deux heures du matin, ça ne leur pose aucun problème. Donc j’ai repris quand effectivement mon fils était, je dirais plus en âge de mieux comprendre des absences et donc je me suis véritablement engagée en 88-89 et la première expérience politique a été en 93, qui n’est pas par hasard non plus puisque 93 c’était une très mauvaise époque pour la gauche et j’étais dans une circonscription ou il y avait à la fois un candidat de droite qui était Laurent Dominati très implanté et où Brice Lalonde avait décidé aussi de se présenter. Et donc aucun de nos camarades socialistes n’a voulu y aller, ils se sont tournés vers moi et ils ont dit : « pour prendre une veste une femme fera très bien l’affaire » (réaction du public) J’en ai gardé un souvenir cuisant parce que je viens d’un milieu familial et d’un milieu professionnel où on ne peut pas dire que c’était le machisme qui prévalait. Donc j’ai découvert ce que voulait dire vraiment le machisme lorsque précisément je suis entrée dans la carrière politique. Je dis pas en politique mais dans la carrière politique. Alors ça s’est pas tout à fait passé comme ils le souhaitaient, c’est à dire que certes en 93 nous n’avons pas emporté la circonscription mais à la fois je suis passée devant Brice Lalonde alors qu’on me prédisait un 5% et au deuxième tour nous avons fait 45% ce qui dans la conjoncture de 93 était pas si mal que ça en tous cas permettait de se dire que l’on pouvait construire un avenir politique à la gauche dans cette circonscription et c’est ce qui m’a permis ensuite effectivement de l’emporter aux municipales donc par un travail de terrain.



Modérateur


Et par un parcours atypique aussi de fait, parce que je retiens ce que vous disiez tout à l’heure sur la carrière professionnelle et politique.



Mme Bertinotti


Oui et je voudrais dire, juste dire une chose, peut être Edith Cresson le confirmera, moi j’ai été au cabinet de François Mitterrand entre 92 et 95 et je n’ai jamais vécu avec François Mitterrand un rapport à la politique qui fasse qu’on me dise « t’es une femme, vous êtes une femme donc vous savez moins bien faire les choses ». Je suis très critique par contre par rapport au fonctionnement de notre propre parti sur la question.


(applaudissements)



On y reviendra, merci pour cette précision. Donc, avant d’en venir mesdames à la question de la parité et comment vous la vivez aujourd’hui les unes et les autres et le constat que vous en faites évidemment parce que ça aussi c’est important puisque vous en êtes issues. Je vais peut être donner la parole une minute à Monsieur (rires du public) alors pour éviter toute discrimination pour le coup mais je ne vais pas vous poser forcément la même question parce qu’il est très intéressant pour nous de savoir pourquoi vous vous êtes engagé. Mais j’allais vous dire restons quand même sur le thème de la journée. Ma question c’est plutôt pourquoi vous vous êtes engagé, vous monsieur, derrière une femme en politique ?



M Nicolas


Bon d’abord effectivement vous avez noté que j’étais pas une femme (rires du public) pour autant je pense que le volontarisme en politique qui est vraiment essentiel il doit être aussi le fait des hommes politiques et de ceux qui composent le parti politique. Puisqu’on veut pas, enfin tous ces efforts que les unes et les autres vous avez fait montrent qu’évidemment c’est essentiel des femmes qui veulent à un moment donné accéder à des responsabilités qui se battent mais c’est vrai que si on a l’autre partie qui traîne des pieds mécaniquement l’évolution se fera beaucoup plus lentement. Moi précisément ce qui m’a fait juste entrer en politique c’est un homme de gauche, c’est Jean-Paul Bret qui est actuellement maire de Villeurbanne qui m’a vraiment montré ce que c’était que l’écoute. Alors on parlait ce matin des valeurs féminines, peut être que c’est une valeur féminine dans l’entreprise mais en tous cas c’est ce qui fait aussi aujourd’hui que je suis Ségolène Royale en politique parce que justement cette valeur, on m’avait montré en fait sa valeur locale mais ensuite j’ai eu l’occasion de constater que ça marchait aussi à l’échelle nationale, même si ça prend un petit peu de temps. Et c’est une femme, mais cette fois de droite politique qui s’appelle Anne Marie Comparini qui a eu le courage à l’époque de s’opposer à Charles Million à son propre camp qui s’est fait siffler, traiter de tous les noms et qui elle m’a montré qu’effectivement l’éthique en politique et les valeurs c’était pas un vain mot donc avec ces deux modèles locaux ça m’a permis ensuite de m’engager pour quelqu’un qui avait justement de l’éthique et de l’écoute à savoir Ségolène Royale.



Modérateur


D’accord, merci beaucoup pour cette précision, vous pouvez peut être aussi l’applaudir en tout cas pour le choix que vous avez fait.


(Applaudissements)


Mme Cresson vous disiez tout à l’heure, et je vous redonne la parole et ainsi qu’à vous mesdames évidemment sur cette question. Vous disiez tout à l’heure en introduction que la parité c’est une loi bien évidemment mais qu’au-delà des mots et au-delà des lois, la réalité est souvent beaucoup plus triste. Alors est-ce que vous pourriez nous faire les unes et les autres...




Mme Cresson


Enfin de toute façon comme ça été dit tout à l’heure (16 :49)dans la population il n’y a pas ce machisme c’est à dire on ne le rencontre pas dans disons l’électorat pour dire les choses simplement et on le rencontre dans la classe politique parce que là il y a une concurrence très dure, très hard.Evidemment s’ils pouvaient se débarrasser déjà de la moitié de la population, ça serait plus simple. (Rires du public)


Ca me rappelle au début où je suis entrée au parti socialiste je m’occupais des jeunes dans un secteur turbulent et j’ai entendu une fois quelqu’un dire et ça m’avait beaucoup « saisie » : « Camarades, nous devons nous occuper d’autres catégories et notamment les jeunes, les femmes et les handicapés. (Réaction du public) Ca, ça m’a vraiment scotchée, parce que c’est donc une autre catégorie, c’est autre chose, c’est un autre monde. Et je me souviens qu’Yvette Roudy à l’époque qui était en plein dans une campagne féministe je lui disais « mais écoute on a gagné ces batailles, on a passé des examens comme les hommes, on est diplômés où est le problème etc. ». Mais elle me disait « tu vas voir » et elle avait raison. (17 :46)Quelques années plus tard j’ai eu l’occasion de lancer le manifeste pour la parité avec 10 femmes de gauche et de droite, 5/5, il y avait Simone Veil et un certain nombre de femmes comme ça et qui avaient toutes eu une carrière politique et ce manifeste pour la parité a contribué à faire aboutir la loi sur la parité. Ca a fait beaucoup de bruit. Et donc on a eu une loi sur la parité, simplement elle n’est pas observée ce qui fait que les partis politiques préfèrent payer l’amende plutôt que de mettre un nombre de femmes suffisant.Qu’on les mette de toute façon que dans les circonscriptions perdues et quand on dit il faut une femme par exemple sur les listes municipales on vous répond mais on en trouve pas ! Et quand on en trouve quand même pour constituer des listes municipales je dis à une femme : « voulez vous venir sur ma liste elle me dit « oh je ne sais pas si je serais capable, demandez plutôt à mon mari » (rires du public). C’est extrêmement décourageant, donc bien sûr qu’elles sont capables, je n’ai jamais de ma vie, dans toute ma carrière, entendu un homme me demander est-ce que je serais capable hein. A tous ceux à qui j’ai proposé des postes ou des fonctions etc... qui ont refusé parce qu’ils avaient d’autres objectifs mais pas un seul vous entendez pendant toute ma carrière pas un seul ne m’a dit « je ne sais pas si je serais capable », ce doute n’effleure vraiment que les femmes. Donc, alors dans le domaine économique, j’y ai fait allusion tout à l’heure, c’est très important aussi dans le domaine économique. (19 :07)En Norvège ils ont voté une loi ou on dit qu’il faut qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes sociétés. Très bien, ici, je ne sais plus qui, a émis timidement l’idée que l’on pourrait mettre 20% de femmes, restons à notre place, 20%, et bien tenez-vous bien, et ça c’est formidable, ça a été retoqué par le conseil constitutionnel, parce que disait-il c’est contraire à l égalité des chances, c’est contraire à l’égalité puisqu’on fait une discrimination. On va mettre 20% de femmes, c’est choquant, hein, donc on va continuer comme ça, puisque, à priori, enfin d’une façon théorique tout le monde à la même chance bien sûr, et voilà comment : En Norvège, ce qui est quand même une démocratie autant que je sache, ça ne les effraie pas de mettre une loi qui met les 40%, et je vous garantis que les sanctions financières sur les entreprises sont extrêmement lourdes si ça n’est pas observé. Et nous on demande 20% au conseil institutionnel et il les refuse. Je n’ai pas entendu beaucoup de protestation. Et c’est quand même un signe et ce n’est pas pour rien si nous avons beaucoup moins de femmes à l’assemblée nationale que dans les autres pays, que des pays qui ont eu le droit de vote bien avant nous, donc c’était des pays qui n’étaient pas à la fine pointe du progrès, je pense à la Turquie par exemple, bon c’est quand même hallucinant de voir ou nous en sommes et puis il y a toujours cette espèce d’attitude condescendante par rapport aux femmes qui est absolument insupportable. Alors avec la régionalisation, avec les scrutins de liste naturellement c’est beaucoup plus facile, aux européennes ou dans les scrutins régionaux mais pour ce qui est des circonscriptions, là où il y a qu’un seul candidat, là c’est quelque chose de très difficile. Tout à l’heure vous parliez de François Mitterrand effectivement. (20 :53)Moi j’ai remarqué que les hommes politiques de très haut niveau ne sont pas machistes du tout, ils essaient de promouvoir au contraire les femmes, la plupart font ça. Simplement, la concurrence elle est là. C’est à dire qu’en dessous naturellement tout ça s’est déchaîné, en fureur.(21 :10)Je me souviens que la première fois que j’étais sur une liste aux élections européennes, c’était avant 81, en 79 et bien il y avait une espèce de mécontentement, pourquoi elle, bon, parce que simplement Mitterrand avait décidé un homme et une femme. On appelait ça les listes « chabada », « un homme, une femme » (rires du public) Donc il avait instauré ça, mais instauré comme une règle et ça a déchaîné une fureur absolument extraordinaire, donc nous n’avons pas encore acquis cette légitimité. Ça je crois que c’est très clair en ce qui concerne l’intérieur de la classe politique.





Modérateur ( Dernière édition le 12 Septembre 2008 (11:01) aide par Ghislaine Royer Ce paragraphe est édité par depuis 01 Janvier 1970 00:00:00 )

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Alors justement restons-en à l’intérieur de cette classe politique parce que vos témoignages seront aussi utiles.


Mme Brunel par exemple au sein de l’UMP dont vous êtes porte-parole, comment les choses se passent ? Est-ce que les choses sont difficiles ?


Mme Brunel

(21 :51) Alors d’abord je voudrais dire comme Mme Cresson que le président de la république, à l’heure actuelle M. Nicolas Sarkozy, pousse beaucoup les femmes, il a mis dans son gouvernement pour la première fois une femme ministre de l’économie, une femme garde des sceaux, enfin des femmes à la hauteur. Entre guillemets, à l’assemblée nationale, le groupe UMP est nettement plus machiste puisque à la commission des finances il y a trois femmes sur 40 et qu’aujourd’hui il n’y a pas de femme pour l’UMP ni vice-présidente de l’assemblée, ni présidente de commission. J’ai regardé juste quelques chiffes avant de venir. En 1997 il y avait 42 femmes à l’assemblée nationale, toutes tendances politiques confondues, aujourd’hui on est quand même 107, il y a quand même un progrès. Alors je voulais vous dire aussi que bien sûr l’UMP n’a pas fait très bien puisqu’on a 4 millions d’euros de pénalité financière, le parti socialiste en a un peu moins mais je voudrais juste quand même faire remarquer que nous on n’a pas brillé par le nombre de femmes candidates puisqu’on n’a eu que 26,5% de femmes candidates mais on a 42 députées élues alors que le parti socialiste qui a 45,5% de femmes candidates n’en a que 53. Donc il semble quand même, je vais faire juste une remarque, pas du tout politique, mais à l’UMP on met peu de femmes mais on a proportionnellement beaucoup plus de femmes élues. Alors sur les élections législatives, moi je vais être très franche avec vous, autant on trouve facilement aujourd’hui facilement des femmes pour aller aux élections municipales, aux élections cantonales. (23 :23)Vous savez que maintenant il y a une nouvelle loi qui a été votée récemment où aux cantonales on impose une suppléance et que donc quand le titulaire quitte sa fonction le suppléant monte. Je regrette que le parti socialiste ait mis ça au conseil constitutionnel parce que, (oui ils ont fait un recours au conseil constitutionnel.) Je vais même vous dire pourquoi. J’ai pris la phrase, ils ont fait un recours en estimant que ce n’’était pas bien de prendre le prétexte de la parité pour faire ça. L’émergence, toutes ces règles environnementales bonnes le parti socialiste a fait un recours là-dessus. (24 :08)Je trouvais que cette histoire de mettre un homme une femme ou une femme un homme était une bonne chose parce que quand le mandat, je veux dire quand le titulaire s’en va ça fait monter des femmes. Alors les élections législatives, on a quand même un vrai problème, nous l’UMP on avait beaucoup de sortants, donc ce n’est pas toujours facile de dire à un homme : « Vous avez beaucoup travaillé mais on vous dit de partir parce qu’on veut mettre une femme » et à côté de ça moi je vais vous dire, aujourd’hui je pense que c’est la même chose pour madame le Premier Ministre EdithCresson, c’est très dur d’être candidate aux élections législatives, c’est un combat frontal très difficile, moi j’en ai ramassé plein la figure de mon camp d’ailleurs. Récemment j’ai été candidate en 2005 aux élections aujourd’hui je suis député au conseil régional, en 2005 le conseil général de Seine et Marne était à une voix et il y a un canton, canton de Torigni où la droite perd à 25 voix. Bon et puis le candidat précédent ne veut pas y aller et moi j’y vais et bien je peux vous dire que comme si jamais j’avais gagné, fait basculer le conseil général, je devenais un poids un peu plus lourd dans le département, bon ben personne ne m’a aidée hein, ce qui est normal et j’ai perdu de 50 voix, alors que j’aurais pu gagner et Nicolas Sarkozy ministre de l’intérieur m’a appelé le soir du premier tour je lui dis Monsieur le Ministre je suis battue, Nicolas dit non non non et j’avais perdu que de 50 voix mais c’est vrai que je sentais que toutes les autres forces n’avaient pas envie qu’une femme prenne un peu de poids, cela dit (25 :42)à l’assemblée nationale quand vous êtes élue, c’est pas trop difficile, parce que la femme est un peu valorisée à l’assemblée nationale, les partis politiques essaient de vous donner des thèmes, il n’y a pas, en tous cas c’est plus sur le terrain que c’est très difficile, hein et je vois à l’UMP c’est je crois le Président de la République qui souhaite aussi qu’il y ait une porte-parole femme et qui aussi donne beaucoup d’impulsion. Donc les lois on les a toutes faites parce que (26 :15) la parité elle est partout, vous savez maintenant que dans les communes de plus de 3 500 habitants vous devez avoir parmi les adjoints, chabada, chabada, la parité. On a partout la parité y a un endroit où l’on ne l’a pas et moi je crois qu’il faut la mettre c’est dans les intercommunalités. Il va falloir la mettre parce que ça aussi c’est important. Donc toutes les lois existent mais vous avez raison c’est compliqué dans la pratique et puis y a toujours des hommes qui sont, je veux dire, qui y sont hostiles, moi je me suis retrouvé à la commission d’investiture de l’UMP je vais vous dire pourquoi, parce que quand je suis dans les petites instances d’adhérents, quand j’ai vu la liste d’une partie de la commission d’investiture, j’ai pas pu m’empêcher de dire mais attendez y a pas assez de femme du coup Devedjan et les autres, Bertrand, m’ont dit ben Chantal on sera content de t’y voir mais je veux dire il faut toujours, c’est vrai que la liste de la commission de l’investiture, bon y avait des personnalités, président du groupe à l’assemblée au sénat ça c’était normal, mais il faut toujours dire, ah attention, ils oublient de temps en temps, il n’ y a pas assez de femmes.



Modérateur ( Dernière édition le 12 Septembre 2008 (20:42) aide par Ghislaine Royer Ce paragraphe est édité par depuis 01 Janvier 1970 00:00:00 )

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Alors justement, Myriam Salah-Eddine, sur cette idée puisque vous avez rappelé votre jeune carrière en politique. Est-ce qu’on a joué des coudes aussi quand on arrive dans un parti politique ?

Mme Salah-Eddin

On doit tout simplement se faire entendre. Je dirais que dès lors qu’on nous a quelque part ouvert les portes en 2001 après la loi il ne fallait pas avoir la prétention surtout d’avoir, pourquoi, parce que j’étais novice en politique, la volonté de continuer dans le chemin. Un canton, une circonscription, “Myriam t’as fait la classe t’es là, t’es gentille, reste à ta place”. Mais là c’est difficile. C’est vrai que bon par rapport à d’autres sphères quand on est dans la vie politique eh ben le machisme dans la vie politique est terrible, il est difficile, je disais alors que malheureusement les lois se décrètent mais les mentalités ne se décrètent pas et là c’est très difficile. Mais je dirais qu’une des choses où c’est encore plus compliqué, vous l’avez très bien dit Mme Cresson, Madame la Premier Ministre, c’est qu’on regarde aujourd’hui de plus en plus les medias focaliser sur la présence des femmes dans les élections municipales, dans un scrutin de liste, mais quid des élections nominales, je suis partie aux élections cantonales et municipales, cantonales face à Jean-Noël Guerini qui était lui-même face à Jean-Claude Gaudin. Je ne me suis pas posée la question parce que tout simplement je savais que c’était un canton qui n’était pas gagnable mais j’y suis allée avec toute l’énergie, la force et l’adversité qu’une femme peut avoir, tout simplement, parce qu’il était important d’avoir cette lisibilité là, tout simplement parce que je croyais que le combat estdifficile certes mais la présence était importante et je crois que (28:52)s’il y a bien une qualité qu’on peut donner aux femmes dans la sphère politique, c’est le courage, parce que je peux vous assurer qu’on ne se bat pas contre son adversaire politique avec qui on a une différence d’idéologie et une conviction mais on se bat dans son propre camp et ça je crois surtout et avant tout et je crois que là c’est difficile parce qu’on a envie de se dire on fait partie de la même famille, on va avancer, on va gagner, eh ben détrompez-vous, c’est un leurre total, ce n’est pas le cas, et ça je crois que c’est très difficile parce que les chiffres montrent si on a pris des sièges à l’Assemblée Nationale, on a encore un retard énorme, considérable, mais je crois que ce qui est important où il faut prendre conscience aujourd’hui, c’est qu’il ne faut pas dissocier, il ne faut pas voir la vie politique ou la sphère politique que dans sa sphère, elle ne peut qu’avancer dans l’évolution, l’émergence de femmes dans d’autres sphères et je crois que là c’est toute l’importance d’un colloque comme celui-ci et d’avoir vu les entreprises ce qu’elles faisaient, la sphère publique et privée et je crois que là on a un travail à faire parce que quand on regarde les municipales, quand on regarde le gouvernement, c’est très bien, mais entre il y a un fossé de représentation des femmes à la tête de grands organismes, de grandes institutions eh ben c’est le néant et je crois que là il y a tout un travail à faire avec l’ensemble des acteurs des autres sphères auxquelles on appartient, mais encore une fois, je crois que la parité, elle a besoin d’être reboostée et qu’on la pousse encore et avec beaucoup de force.

Mme Brunel

Je voudrais juste une remarque : ce n`est pas si facile que ça de trouver des femmes qui veulent aller aux élections législatives. C`est un combat. Non non attendez. Il y en a bien sûr et il y en a dans des circonscriptions où ce n`est pas si facile car comme vous le disiez il y a des femmes qui ne veulent pas y aller parce que c`est des coups. (30 : 41) C`est difficile une campagne législative, c`est un engagement à 100 pour cent et quand on a des responsabilités de famille, un travail c`est un choix difficile en plus vous savez très bien que quand vous êtes député sauf si vous êtes fonctionnaire si vous n’êtes pas battu on perd son job.

Bon. Moi j’ai pu je n’étais plus toute jeune j’ai arrêté mon job heureusement que j’étais réélue mais vous perdez votre job. Donc très objectivement avant de à droite comme à gauche souvent on se dit ou est la femme qui dans la circonscription peut, il faut quand même qu’elle ait une petite notoriété il faut quand même qu’elle ait quelque chose. Il faut la rage et ce n est pas si facile que ça de trouver aux élections législatives et pour des scrutins****

Modérateur

Alors Mme Bertinotti, plus optimiste sur ces possibilités et puis un mot justement sur la réalité au sein du parti qui est le vôtre

Mme Bertinotti

Oui enfin je ne partage pas forcement exactement tout à fait ces propos là parce que je pense que pour faire progresser la présence des femmes en politique ce n’est pas simplement de dire maintenant on a toutes les lois et la parité s’applique il faut aller plus loin. (31 :50)Il faut poser la question du cumul des mandats qui est quand même un des obstacles à ce qu’il y ait renouvellement du personnel politique et donc présence des femmes en politique il faut poser la question du statut d’élu moi je pense que là il faudra bien que la droite comme la gauche soit en capacité d être audacieux et de dire la démocratie si on veut avoir une démocratie qui veut être représentative à l’image de la société et bien effectivement il faut que les élus aient un véritable statut parce que sans ça on aura toujours que quelques catégories qui seront représentées et là aussi au travers du cumul des mandats et au travers du statut d’élu c’est certainement une façon de faciliter l’implication des femmes en politique

Je voudrais dire aussi ce qu’on a énormément du mal. (32 :44)Bien sûr il y a des listes paritaires. On dit souvent un homme une femme et rarement une femme un homme. Or on le vit ça veut dire quand on regarde par exemple le nombre de femmes qui sont aujourd’hui maires à la tête de collectivités nous sommes encore excessivement minoritaires et qu’ensuite tout se décline c’est à dire dans les communautés d’agglomération on ne trouve plus du tout la parité au niveau des vice-présidences on retrouve quatre cinquième d’hommes et un cinquième de femmes. Donc on voit bien que tout est fait pour……(33:20) C’est une parité qui n est pas voulue, c’est une parité qui est subie. Et je voudrais dire qu’on a, alors bien sûr que ça représente un plus que cette loi sur la parité sauf que les hommes et après on peut se poser la question du fonctionnement même des partis politiques.(33 :39) C’est que les hommes maintenant cherchent à faire les femmes c’est à dire ils veulent bien qu’il y ait des femmes mais il faut qu’elles aient prêté allégeance. Donc notre capacité à être je dirais en pleine autonomie et en pleine indépendance c’est plus de l’ordre de la tolérance que véritablement de l’accompagnement.Je voudrais dire aussi que pour l’histoire des législatives nous avons eu un débat au parti socialiste où il avait été décidé que tout candidat qui ne se représentait pas dans la circonscription était remplacé par une femme.

Mme Brunel

Il y a eu quand même la même chose à l UMP la même règle qui a été adoptée

Mme Bertinotti

Alors deux choses. (34 :25)Nous avons quand même une réaction d’un texte signé par des hommes du parti socialiste entre trente et quarante ans qui ont parlé de génération sacrifiée donc nous avons été très peu à leur dire alors que devraient dire les femmes parce que là ce n’est pas une génération sacrifiée c’est une multiplicité de générations sacrifiées(rires du public)et donc se repose la question aussi parce qu’effectivement comme vous le disiez justement c’est (34 :54)à quel moment on dit à un homme maintenant ça suffit, il y en a qui en sont à leur quatrième, cinquième, sixième mandat. Finalement le principe d’adage qui veut qu’un homme politique n’est mort que quand il est entre quatre planches est vraiment appliqué. (rires du public) On voit bien que la parité ne suffit pas, donc ça veut dire le statut de l’élu, ça veut dire le cumul des mandats, ça veut peut-être dire une réflexion sur le nombre de mandats que l’on doit effectuer. C’est toutes ces questions là qui sont fondamentales et qui permettront à mon avis véritablement de plus se poser la question de la sous-représentation ou de la représentation équitable des femmes.

Modérateur

Très bien Nicolas eh bien je vous laisse la parole dans une minute. J’ai quand même envie puisque j’imaginais bien la déclinaison de ce débat sur ces grandes questions qui sont actuelles et vous les dames aujourd’hui j’ai envie de mettre un peu les pieds dans le plat, pardonnez moi Madame Cresson vous avez quand même été l’un des emblèmes et on l’oublie enfin au niveau de la symbolique la première femme Premier Ministre en France. (intervention du public) Non, j’entends bien, mais la première en tous cas aussi, je ne me trompe pas je crois…

Mais, attendez la fin avant de taper, Mesdames, en tout cas la première assurément et là où je vous dis je mets les pieds dans le plat c’est quand même vous l’avez rappelé aussi Madame Brunel tout a l’heure à propos de l’exemple que vous donniez. Je m’étonne moi, j’ai regardé aussi un petit peu les choses, dans mon métier, avant de parler des femmes et des femmes en politique. J’ai regardé le vote des femmes par exemple.

C’est vrai le vote des femmes, il sera moins extrémiste, soit, mais il n’est pas plus en faveur des femmes. J’ai aussi, j’en ai le souvenir, je n’étais pas très âgé mais je m’intéressais quand même aussi à la politique à l’époque, le souvenir parce que vous avez été nommée, dans la sphère privée, de commentaires plutôt, on va dire, particuliers en tout cas sur la réalité qui est que vous êtes une femme et pas exclusivement de la part des femmes. Et de la même manière quand Ségolène Royal s’est présentée de mémoire. Donc là où je mets vraiment les pieds dans le plat vous êtes toutes les quatre des actrices, vous avez parlé de courage, est-ce que l’éducation, le public qui est aussi ici n’est pas quelque part aussi responsable du fait que vous soyez obligée de vous battre peut-être plus que de raisonnable.

Votre réponse, Mesdames, s’il vous plaît.

Mme Cresson

(37 :37) Au fond votre question est, est-ce que les femmes sont solidaires ? Clairement non. (rires du public) Mais non, pourquoi ? Parce qu’elles vivent comme tout le monde dans un climat culturel, elles entendent tout un tas de choses depuis toujours, elles sont imprégnées depuis très longtemps du fait que ce n’est pas fait pour les femmes. Bien sûr cela se corrigeavec le temps. Ca va déjà mieux qu’avant. Mais il y a toujours eu ça c’est-à-dire d’une femme on accepte qu’elle soit comme vous le disiez élue municipale, elle acceptera volontiers elle-même. (38 :11)Pourquoi les femmes refusent des postes ? C’est aussi parce qu’elles savent aussi que ça va être extrêmement dur et ça va être extrêmement dur parce que le contexte culturel est comme ça. Si vous voulez, c’est un cercle vicieux. Pourquoi les femmes ont peur ? C’est légitime qu’elles aient peur parce qu’elles savent que ça va être terrible. Le contexte socio-culturel français parce que ce n’est pas comme ça à l’étranger et même dans les pays du sud, ce n’est pas comme ça en Italie, en Espagne, au Portugal bien sûr dans les pays scandinaves. (38 :35) Mais, c’est comme ça en France, très spécifique le machisme politique. Donc les femmes hésitent à y aller. Donc toujours une critique si une femme était nommée à ce poste. Pourquoi ? Alors là, ce n’est pas une femme c’est un homme. (38 :51)Quand j’ai été nommée Premier Ministre j’avais été cinq fois Ministre et j’avais été élue députée maire au Conseil Général. J’avais donc la légitimité du suffrage universel. Il se trouvaitqueMonsieur Daubaire, ancien ministre important qui a dit : « Voilà la Pompadour » C’est quand même stupéfiant. (rires du public) Après le déjeuner je ne l’ai plus vu nulle part. Donc c’est quand même absolument extraordinaire. (39 :15) De même quand j’ai été nommée Ministre de l’agriculture alors là j’arrive dans une grande assemblée où il n’y avait que des paysans déchaînés parce qu’une femme et socialiste en plus c’était donc trop pour eux. J’ai vu une banderole gigantesque. C’était écrit dessus « Edith on t’espère meilleure au lit qu’au Ministère. (rires du public)***** en tant que Ministre de l’Agriculture comme j’ai affaire à vos porcs je vais m’occuper de vous. (rires et applaudissements du public)

Après que je leur ai obtenu le meilleur prix agricole de leur histoire et que leur revenu a été un petit peu remonté je les ai quittés sans regret après un an et demi. C’est quand même un milieu extraordinaire. Et, ceux qui étaient là ce n’étaient pas les paysans de base ce sont des gens qui sont élus à la FNSEA voilà donc c’est pour dire que c’est quand même quelque chose de terrible.

Je voudrais revenir sur ce qui a été dit toute à l’heure. (40 :14) Je crois qu’il y a une seule façon de s’en sortir, de commencer à s’en sortir c’est le non cumul des mandats car nous avons une population d’élus à l’Assemblée Nationale qui est très uniforme. Pour la majorité de fonctionnaires comme ça ils ne perdent pas leur boulot, ils reviennent après indéfiniment, dans leur camp d’origine, je vais d’ailleurs vous faire une proposition là-dessus inspirée de ce qui se passe au Royaume Uni et ce sont des gens qui rempilent le système des conseils généraux. Les Conseils Généraux servent strictement à rien, le Conseil Général est une structure obsolète qui devait être supprimée depuis très longtemps. C’était fait au moment où on calculait une journée de voiture à cheval pour aller du centre à la périphérie du canton. Donc ça ne fait rien. On a des régions maintenant, on a des villes, des communautés d’agglomération, l’Etat, donc ça suffit. Mais on a beaucoup plus d’élus que dans tous les autres pays européens, on a déjà plus de communes que dans toute l’union européenne rassemblée. Les communesc’est sacré, on ne peut pas y toucher. De toute façon ce n’est pas là mais le Conseil Général vraiment ça ne sert à rien, ça sert de tremplin on donne les sous comme ça on a la majorité pour se faire élire petits maires locaux. C’est comme ça que ça se passe. Donc c’est une chose extrêmement médiocre, un système extrêmement médiocre, je veux dire moralement je comprends pourquoi il n’y a beaucoup de gens qui ont pas envie d’y aller et notamment des femmes parce qu’elles voient ça, elles sont lucides Donc, le cumul des mandats comment est-ce qu’on peut expliquer. (41 :40) J’étais à Bruxelles à la Commission. J’ai vu les députés du parlement européen, les français ne sont jamais là vous m’entendez bien ils ne sont pas là hormis quelques exceptions, mais ils ne sont pas là. Les autres, les anglais, les allemands tous ça du lundi matin au vendredi soir ils sont là tout le temps ce qui fait qu’après on se plaint parce que les textes nous soient passés sous le nez et le plombier polonais et toutes ces histoires là, qu’onn’a pas vu venir. (Rires du public)(42 :08) On n’est pas là. Et pourquoi on n’est pas là ? Parce que ce système, il faut bien voir le système culturel français. Ca va au-delà du problème des partis. C’est un système fermé. On est bien chez nous. Les autres ce qu’ils pensent ça n’a pas d’importance. C’est comme ça qu’on a perdu les yeux olympiques. On avait le meilleur dossier, si les autres ne comprennent pas tant pis pour eux.(Rires du public)Tout est comme ça.C’est comme ça qu’on ne sait pas vendre, la balance commerciale est nulle parce que si le client n’achète pas ben il n’a pas compris qu’on avait les meilleurs produits. (Rires du public)L’idée d’un parlementaire européen c’est de revenir en France où on lui a plus ou moins promis une circonscription, une commune n’importe quoi. Il a été mis là parce qu’il a peut-être*** à renvoyer, à remercier ** On l’a mis là et il n’a que ça en attendant. (42 : 51) Il ne fait pas sa carrière là-bas. Les autres ils font leur carrière là-bas à défendre les intérêts de leur pays bien au-delà des intérêts de leur parti. Quand on est à l’Europe ca n’existe plus. On ne se défend pas. Ce système, comment dire, fermé, très arrogant qu’on nous reproche partout d’être arrogant, c’est vrai où on essaie à l’international d’avoir le numéro un alors de la Banque Centrale Européenne, du FMI, etc etc de toutes les grandes institutions mais les choses vraiment importantes se passent en dessous où on ne va pas et les autres, je vous le garantis, ils y vont et que les sujets de sa Gracieuse Majesté sont protégés d’un bout à l’autre quand ils sont fonctionnaires européens ou autres et toute leur carrière ils doivent rendre compte et ils sont récompensés en fonction de ce qu’ils ont fait. Chez nous les fonctionnaires qui sont à l’étranger, je ne sors pas du sujet des femmes, c’est le même sujet culturel. Je me souviens que j’étais nommée Ministre des Affaires Européennes, j’ai succédé à un Ministre de droite, je suis arrivée, j’ai vu les membres de son cabinet. Je les ai interrogés sur ce qu’ils allaient devenir et si je pouvais les aider. Ils m’ont tous dit oui oui on est placés quelque part sauf un qui m’a dit j’ai fait quinze ans à Bruxelles chez le Commissaire Ortoli , j’ai une grande expérience, et maintenant comme je ne suis pas énarque à Bercy dont je dépends je vais aller dans un placard. Donc toute cette expérience était perdue, ce qui fait que je l’ai gardé dans mon cabinet et il est devenu numéro deux, il a très très bien marché, c’est devenu un ami. (44 :14)C’est pour dire que ce système est un système très égoïste, très corporatiste, très fermé, très arrogant, qui ignore les autres et c’est un système qui pour la France est un très mauvais système. Je pense moi je voterai dès demain une motion du parti socialiste, je n’ai pas encore vu, qui pourrait prévoir le non-cumul des mandats. (44 :37)Le non-cumul des mandats est quelque chose de fondamental, pas seulement pour les femmes, mais pour le contexte général de la vie politique française.

Modérateur

Mme Brunel, sur cette question justement

Mme Brunel

Oui moi attendez moi je voudrais répondre, je voudrais quand même poser une question par rapport à votre argument comme quoi les femmes ne votent pas forcément pour les femmes. (44 :51)Je vous demande pourquoi les femmes sont souvent élues dans les circonscriptions où on pense qu’elles n’ont aucune chance d’être élues.Donc elles ont quand même un atout. C’était votre cas, Mme La Ministre. Ca a été mon cas puisque absolument le RPR avait lâché en disant de toute façon la gauche passe, il n’y avait aucune chance, elle n’a jamais été prise de droite. On a quand même probablement, (45 :15) on a une écoute on bosse peut-être dix fois plus, je suis désolée, on bosse comme des dingues. Je suis frappée quand même dans mon premier mandat j’ai eu plus de cinq mille personnes dans ma circonscription. On est la relation des gens qui n’ont pas de relations et c’est vrai aujourd’hui on a bien sûr un rôlenational et qu’on est la personne… Moi dans ma circonscription les assistantes sociales ***** vous allez voir une députée. Elle prend soin, elle est gentille, elle est efficace, c’est vrai mais ne n’est pas normal, alors qu’on ne dit pas ça d’un homme. Je ne vous dirai pas ce que j’ai entendu. (Rires du public)

Deuxième remarque : Je vais vous donner quelques chiffres sur les femmes parce que je les avais prises :

(45 :52)Communes de plus de cent mille habitants il n’y que cinq femmes maires, communes entre trente milles et cent milles il y a seize femmes maires effectivement on est très loin et bien sûr y en a un peu plus ensuite entre neuf milles et trente milles il y en a trente-sept.

Le cumul des mandats moi je dois dire que j’étais un peu choquée par quelque chose car le parti socialiste faisait du cumul des mandats vraiment je veux dire un combat très fort.

Lors des dernières élections municipales et j’étais là pour la réforme des institutions quand on a parlé de ça très clair. M. Lang est Président du Conseil Général et député, M. Montebourg est Président du Conseil Général et député et donc il y a eu un amendement sur le non-cumul des mandats et ce qui m’a amusée c’était prévu pour 2014 vous savez pour les prochaines élections municipales et je trouve quand même en fait c’était un peu hypocrite de la part de la gauche parce qu’ils savaient très bien, il y avait Manuel Walls, qui était là, que des gens très brillants mais qui ont tous de très gros cumuls et donc je pense, vous avez vu, Manuel Walls est quand même maire, ce sont des gens très brillants et quand vous regardez et qu’est-ce qui s’est passé. Pourquoi Montebourg l’a dit d’ailleurs pourquoi il a pris la présidence du Conseil Général parce qu’il a eu peur, il a failli être battu aux élections législatives et que donc c’est un moyen d’asseoir sa solidité parce qu’un élu existe moi je veux dire à l’assemblée nationale ce que l’on ressent : (47 :20)au deuxième mandat vous avez du poids et vous existez. Au premier mandat parce qu’il y a beaucoup de députés qui sont élus dans une vague et qui ne subissent pas le ressac qui n’arrivent pas à vivre le ressac. Donc le second mandant on regarde un tout petit peu différemment qu’au premier mandat. Bon. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui le parti socialiste a complètement changé sur le cumul des mandats. Et une petite chose et il y a une campagne de faite contre les députés. Je trouve scandaleux sur internet et tout. (47 :45)Parce que maintenant un député qui est battu, quand vous êtes battu, vous êtes au chômage, vous n’avez rien du tout. Vous n’avez même pas la sécurité sociale. Donc il y a une disposition qui a été prise toutes les formations politiques confondues pour qu’un député battu pendant trois ans ait son aide enfin ait une indemnité qui va jusqu’au SMIC. Et moi je trouve pas normal qu’on ait fait une campagne contre soi-disant les députés ils s’en mettent plein la poche parce que je veux dire c’est vraiment très choquant. Vous voyez les parlementaires qui ne sont pas fonctionnaires qui se retrouvent sans rien et nous les députés tous les mois ce qui est normal on donne 450 EUR pour alimenter ce fonds et je trouve ça très bien. Donc si vous voulez là aussi il y a une attitude et des lobbys de la population qui ne sont pas bien. On n’est pas là, pour les français on est là on est bien payés, on est payé pour être là dans l’hémicycle pour être payé localement. Je trouve que c’est bien. Ca correspond au statut de l’élu d’essayer quand même de conforter le député ou le sénateur qui n’est plus élu, c’est moins problématique pour les sénateurs en général parce que d’abord la moyenne d’âge n’est pas la même et oui mais c’est vrai si vous permettez, ce n’est pas une critique et donc (49 :02)Il faut quand même assurer quelque chose aux députés autrement vous n’aurez que des fonctionnaires.

Mme Cresson

Pour ne pas avoir que des fonctionnaires, je m’excuse parce que c’est un sujet il y a le non-cumul et il y a d’autre part ne pas avoir que les fonctionnaires. Or les fonctionnaires aujourd’hui moi je dis ça depuis toujours il est battu il retourne dans son administration d’origine, comme on dit, d’origine. Très bien. (49 :22)Qu’est-ce qu’ils font en Angleterre ? En Angleterre quand un fonctionnaire se présente aux élections il est élu il fait son mandat, il peut revenir dans son administration à la fin de son mandat s’il est battu ou s’il décide d’arrêter. Très bien. Mais ça une fois, pas deux. Donc s’il est réélu, il reprendra un deuxième mandat mais ensuite il n’aura plus de filet de sécurité de son administration. Et ça je trouve que c’est formidable parce qu’il y a évidemment beaucoup moins de fonctionnaires de cette façon là. **** Ce sont des éléments de modernisation de la vie politique, de moralisation de la vie politique et qui à ce moment là feraient que les gens……..Les gens ils rouspètent sur le fait c’est tout-à-fait légitime de donner quelque chose à des gens qui sont battus pour qu’ils puissent survivre très bien, seulement l’électeur il ne voit pas tout ça, il voit simplement ce sont toujours les mêmes et qui ont des plans pour se réfugier s’ils sont battus et donc on est encore là à leur donner des sous et ça c’est très mauvais pour le climat politique général.

Modérateur

Mme Bertinotti vous voulez réagir, je ne vous oublie pas Monsieur (rires du public) juste la parité, l’égalité homme – femme, femme-homme, je tiens à signaler par rapport à ce que Mme Brunel disait tout à l’heure, je crois que c’est le cas également de Dominique Voynet d’être contre le cumul des mandats et de le pratiquer aussi. Je vous en prie.

Mme Bertinotti

C’est justement sur cette question là et vous avez raison de pointer une forme de distorsion entre le discours j’allais dire aussi peut-être dans un esprit un peu polémique que la droite instaure le cumul des mandats et de toute façon tout le monde sera obligé, le non-cumul des mandats et tout le monde sera obligé de s’y plier. C’est comme si on demandait au parti socialiste de se l’appliquer avant même que les autres partis aussi jouent le jeu. Là c’est peut-être demander beaucoup. (51 :14) Je pense que la difficulté à faire inscrire le non-cumul des mandats vient de ce qu’on ne s’interroge pas, peut-être parce qu’on a peur de confronter ce débat là devant nos concitoyens sur ce que signifie la carrière politique etmoi je suis par exemple…. Je me dis à la fois je suis pour le non-cumul mais ça m’inquiéterait d’avoir un député qui ne soit que député qui n’ait pas cette assise locale qui est souvent quand même un élément important parce que c’est bien de faire la loi mais ce serait peut-être bien aussi qu’il ait le retour de son application. Mais où il y aurait un grand progrès c’est effectivement d’arrêter d’être député-maire, d’arrêter d’être député – Président du Conseil Général, c’est-à-dire de cumuler un mandat national ou un mandat européen avec une fonction de l’exécutive.

Ca progresserait, ça ferait déjà beaucoup progresser. Je pense que le nombre de mandats aussi à exercer est excessivement important parce que ce que l’on voit se produire c’est que les hommes qui sentent qu’ils vont être battus à telle élection se présentent surtel autre type d’élection et puis ensuite si ce n’est pas là donc en fait il y a des itinérances comme cela qui fait que ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve aux législatives, aux cantonales, aux municipales, aux européennes, donc je crois qu’il faudrait avec beaucoup de courage dire qu’est-ce que c’est une carrière politique et comment effectivement ensuite eh ben si on est battu est-ce que ça veut dire qu’on sort complètement du champ politique ou bien et ça aucun parti pour l’instant ne le fait avec lucidité et courage parce qu’il y a aussi la peur il y a un tel discrédit y compris dans les têtes des politiques, de l’opinion publique par rapport aux politiques que de poser la question du statut, que de poser la question d’une carrière politique vous voyez bien derrière tout ce qui est négatif qui peut être dit

Modérateur

Des questions effectivement peut-être qu’on évite d’aborder. Et alors, je vous cède la parole évidement votre point de vue là-dessus. Si vous souhaitez intervenir n’hésitez pas à lever la main parce qu’on va

M Nicolas

Un premier aspect j’ai un mauvais exemple à droite qui est Jean François Copé qui cumule non seulement plusieurs mandats mais qui en plus rajoute à son travail à l’Assemblée également un travail dans le privé. Je ne sais pas quand il trouve le temps d’avocat d’affaires mais ça doit être entre 23 heures et 2 heures du matin puisqu’un député peut travailler très facilement jusqu’à 3 ou 4 heures du matin ou de la nuit quand il y a des séances parlementaires. C’est un travail déjà à plein temps à priori.

Modérateur

Voilà pour la pique

M. Nicolas

Non et ensuite j’ai un bon exemple aussi dans le camp de la gauche. C’est vrai qu’on a Ségolène Royal qui a quand même quitté son mandat de député pour essayer d’être uniquement Présidente de Région. C’est un choix qui encore pas forcément voilà. Il y a des mauvais exemples et de bons exemples dans les deux camps. Moi le scrutin de liste je pense qu’on a un vrai problème sur les municipales. (54 :07)Combien de femmes effectivement maires de communes de plus de cinq milles habitants ? Il y a eu certes des mairies comme Pau et comme Reims où c’est une femme alors c’était un homme précédemment, Reims en occurrence, mais par contre on se retrouve avec une ville comme Strasbourg qui effectivement était une femme. Et donc on a pas tellement progressé sur les grandes c’est la même chose sur les régions.Il y a une présidente de régions et là une deuxième qui a été élue en cours de mandat.C’est encore un vrai souci. Je pense que l’exemplarité des partis politiques commence déjà sur les cadres avant même qu’ils soient élus. Alors je prends un exemple que je connais bien c’est « désir d’avenir ». Comment est-ce qu’on a fait évoluer sur le fond et sur la forme pour faire en sorte d’avoir plus de parité ? D’abord c’est sur la mission. (54 :51)Qu’est-ce que c’est un animateur local ou départemental ? Est-ce que son rôle c’est dominer, de verrouiller, d’écraser ou est-ce qu’effectivement au contraire c’est d’avoir une écoute, c’est de faire en sorte que les personnes donnent le meilleur d’eux-mêmes. On se retrouve maintenant avec 47% à désir d’avenir de nos animateurs qui sont des femmes. C’est la même chose au niveau départemental, donc clairement ce rôle différent, penser différemment, adapterje reprends encore sur ce qu’on disait ce matin mais sur d’autres valeurs, sur d’autres fonctions ça a fait évoluer aussi une meilleure représentation, une meilleure parité. Et puis ensuite c’est tout bêtement on a proposé on n’a pas imposé, on a proposé d’avoir des binômes. Au lieu d’avoir une personne qui domine le département et qui reproduit une parodie à l’échelle à l’intérieur on va dire d’une organisation politique qui peut exister chez les élus on se retrouve avec des binômes. Mécaniquement un certain nombre d’hommes qui s’étaient mis en avant au niveau départemental ont eu l’intelligence pour une fois, je rends juste hommage aux hommes pour quelques secondes, il y en a quand même pas mal, qui au sein de désir d’avenir ont eu l’intelligence de dire eh ben voilà la complémentarité c’est qu’on va être un homme – une femme pour animer politiquement et je pense que là encore on parlait des mauvais exemples au niveau des municipales ou des régions. (56 :00)Ce serait peut-être une solution d’avoir un système effectivement beaucoup plus de binômes qui va animer politiquement sa région et prendre des décisions. Je pense que ça pourrait contribuer à faire évoluer dans une phase de transition, c’est juste une piste hein….

Modérateur

Merci pour cette piste. Alors Monsieur voudrait intervenir très court s’il vous plaît.

Monsieur

Très bref témoignage pour compléter ce qu’on a entendu. Je suis par rapport au panel prestigieux qu’on a en face de nous je suis un tout petit élu local, maire-adjoint depuis 2001, conseiller communautaire. Donc je ne peux que confirmer l’extrême machisme de notre classe politique, si je vous faisais un best-of de ce que j’ai entendu dire de nos élus locaux, ce n’est pas parce qu’on est dans le midi, c’est sûrement représentatif de la nation vous seriez tous pleins de boutons, mais je pense qu’il faut quand même être optimiste et je crois que la parité a permis à des femmes politiques de croire en elles, Mme Cresson disait justement il y a des femmes qui disent est-ce qu’on est capables. Aujourd’hui elles savent qu’elles sont capables. Je crois qu’il y aura des retombées très positives au niveau des conseils communautaires on a une parité nous à la TPM qui est tout-à-fait logique les maires ont envoyé des tagadas, tagadas je ne sais pas quoi comment vous avez appelé ça (rires du public)

Le public

Chabada, chabada….

Monsieur

Oui c’est un lapsus un peu douteux (rires du public) Je voudrais dire historiquement pour la spécificité de la France évoquée par Mme Cresson. Notre première grande femme politique républicaine, elle s’appelait Olympe de Gouges et on lui a coupé la tête donc ça a jeté un froid pour deux siècles (rires du public et applaudissements)….

Modérateur

Je ne sais pas si vous applaudissez les fraises Tagada de Monsieur ou la tête coupée de Olympe De Gouges, je pense que ça va être la première version qui doit être la bonne. Justement Mesdames par rapport à l’intervention… il y a une dame qui derrière elle ne s’est pas saisi du micro mais elle a fait une remarque pour rebondir sur ce que vous disiez Mme Cresson justement entre la réalité française et anglo-saxonne ou anglaise tout le moins c’est qu’effectivement (57 :53) nous avions vécu des siècles pas moi en tout cas, mais en tout cas la France et ces siècles avec un roi et voilà des têtes couronnées qui n’étaient que masculines et qui ne pouvaient être féminines et sans doute tout ça a contribué à faire en sorte que les choses aujourd’hui sont difficiles à faire bouger. Avant de terminer puisqu’on arrive déjà à la fin de cette table ronde, Mesdames, j’ai envie aussi de votre avis, je vais y revenir pardon, mais parce que vous avez toutes des idées qu’on a déjà entendues et vous savez les faire vivre avec passion. Ca a toujours son intérêt, évidemment, mais voilà cette question du non-cumul des mandats, le statut de l’élu, ce ne sont pas des questions qui datent d’avant-hier. Est-ce qu’il n’y a tout de même pas du point de vue de l’éducation, mais également du point du vu de la politique avec un grand P un moment aussi puisque vous êtes réunies ici en majorité un choix à faire, un choix politique de se dire, c’est peut-être une énormité vous me direz.

Je suis une femme et j’estime que la question de la femme est un choix essentiel et que dans mes choix en tant que citoyen et citoyenne je dois aussi en tenir compte par exemple demain pour voter si j’habite dans la circonscription pour Mme Brunel et non pour Mr Brunel

Est-ce que la question d’être une femme c’est aujourd’hui un combat politique tel qu’il faille l’utiliser comme un critère de choix au moment du vote.

Je vais le redire autrement va-t-on aujourd’hui voter pour une femme parce qu’elle est aussi une femme en espérant que ça fasse évoluer les choses ?

Mme Cresson

(59 :29) Non je ne crois pas, ce que j’observe c’est que dans l’électorat, l’électorat aime bien voter pour une femme parce que c’est plus sérieux parce qu’elles s’occupent des vrais problèmes parce que c’est moins sensibles aussi de l’extérieur du pouvoir, des voitures, toutes ces bêtises, oui elles s’occupent des vrais sujets (applaudissements), donc les électeurs ils aiment ça, c’est pour ça semble que dangereux parce qu’effectivement c’est une concurrence directe, on touche le cœur des gens, en plus, on est disponible, on les écoute, on s’occupe des problèmes.

Mme Salah-Eddine

(1 :00 :02) Si je peux me permettre je crois qu’au début il y a une peur par rapport à la femme au travers de cette fonction là, on a tendance à croire que la femme est peureuse qu’elle ne va pas savoir taper du point sur la table, pas savoir se faire entendre elle a plein d’obligations, elle est femme, elle est épouse, elle est mère. Moi, quand je suis arrivée à 27 ans, maman d’un petit garçon d’un an et demi, j’étais chef d’entreprise à l’époque, voir comment on fait ! et je crois que l’une de nos particularités c’est ces particularités ces multiples facettes qu’on a en nous : femmes, mères, épouses, salariées ou chefs d’entreprises fait qu’on est toujours en lien, moi je dis que le cordon ombilical avec la vie il est là, c'est-à-dire (1 :00 :43) qu’on est beaucoup plus pragmatiques, on va directement à l’essentiel, les réunionites aigues c’est pas pour nous ; quand on pose un problème on essaye de faire en sorte, on va pas se voir 25 fois non plus pour aller faire le tour du sujet on va aller droit au but, pas c’est parce que c’est Marseille, mais on essaie (rires du public ) Il ne faut pasoublier l’OM. Je crois que c’est important.Je crois qu’aujourd’hui on commence à avoir le soutien des femmes, moi je reviendrai sur votre « des deux pieds dans le plat », on n’y a pas lourdement insisté, mais je crois que ne pas avoir le soutien forcément des femmes de l’extérieur c’est une chose, mais ne pas avoir le soutien des femmes quand on est dans la même sphère, excusez moi de le dire, mais le soutien de l’intérieur il y est pas, on a pas le soutien des hommes, mais je crois qu’il faut avoir le courage de le dire (applaudissements) quand on est très peu de femmes, quelle que soit la sphère dans laquelle on est, aujourd’hui on parle de la sphère politique, ce matin c’était la sphère des entreprises, la sphère privée, (1 :00 :39) je ne suis pas sure que toutes les femmes qui sont cadres dans les grandes entreprises elles aussi collaborent, sauf celles qui sont animées de l’intérieur; je disais que tout ce dont on parle aujourd’hui,cette volonté de voir émerger les femmes dans l’ensemble des strates de la vie de notre société, fait que tout simplement cela ne tient qu’à la volonté d’un homme ou d’une femme parce qu’il est animé de l’intérieur à voir évoluer cette société dans une équité, dans un équilibre total. Malheureusement, cette poignée là ce n’est qu’une poignée sur l’ensemble de la société (applaudissements)

Mme Bertinotti

(1 :02 :14) Moi je partage le sentiment d’Edith Cressonon ne devrait pas avoir à se poser la question on vote pour une option, un choix de société que ce soit porté par un homme ou par une femme peu importe ce qui est très gênant aujourd’hui c’est que le fait que ce soit porté par une femme peut être discriminant pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’objet même de ce pour quoi il vous est demandé de voter ; donc, j’ai envie de dire en tant que femme que je postule à ce titre là à l’indifférence parce que nous devons avoir dans la classe politique des hommes et des femmes comme dans notre société nous avons des hommes et des femmes.

Moi ce qui m’a beaucoup gênée dans la campagne présidentielle, pour avoir fait celle de Ségolène Royal, c’est d’avoir vu des femmes dans cette tranche d’âge 30-40 ans qui avaient un mouvement de révulsion parce que l’idée du pouvoir reste une idée très masculine et je trouve ça dramatique que des femmes... que des hommes le défendent on pourrait dire rien de plus normal, (1 :03 :29)mais que des femmes y compris des femmes des nouvelles générations aient pu intégrer que le pouvoir suprême est d’abord un pouvoir masculin et tous ces attributs témoignent bien, pour revenir à notre situation, qu’il faut que nos partis politiques dans ses objectifs, dans ses modes de fonctionnement, évoluent notablement. Michèle Perreau, qui était vraiment une grande spécialiste du féminisme, disait que la politique reste et les partis politiques restent les derniers clubs d’hommes; c'est-à-dire on est entre hommes avec des règles d’hommes et c’est fait pour les hommes et les femmes sont tolérées, donc il faut que nous en parlions à l’intérieur des partis pour imposer des règles qui soient des règles communes et non pas des règles d’hommes et c’est ça qui nous fera vraiment progresser.

Le public

D’où l’importance aussi des réseaux de femmes

Absolument

Et d’où l’importance de l’éducation, également comme le disait Myriam toute à l’heure, je pense que ce sont les femmes qui éduquent leurs fils... et il faut faire comprendre...

Et leurs filles !!!

Bien entendu leurs filles !!!

Je dis bien que ce sont les femmes qui éduquent les fils et leurs filles, bien évidemment, et ce sont ces fils là qui ne doivent pas retransmettre ce machisme, donc à travers cette éducation je pense qu’on peut faire évoluer les mentalités mais évidemment il faut un certain temps, même un temps certain...

Mme Brunel

(1 :05 :12)Effectivement, ce que dit Mme Bertinotti, est-ce-que la France est prête à élire une femme président de la République, c’est la question de fond. Moi, je voudrais quand même vous dire, il y a quand même une chose entre femmes, élues, je trouve que peu importe le parti politique, il y a quand même une solidarité, il y a quand même une estime réciproque, il y a quand même une écoute entre nous, il y a un respect, il y a toujours eu un respect et moi je vais vous dire ce qui me gène aussi c’est quand une femme est élue (je parle de la députation parce localement c’est plus difficile à contester), je leur conseille, j’ai des collègues qui ne l’ont pas fait, excusez moi de le dire, ça va vous choquer, de tenir le parti dans la circonscription, car quand vous êtes une femme il y a toujours l’arrière pensée de dire peu importe à droite comme à gauche, je connais une collègue PS, sortante dont le parti socialiste avait investi quelqu’un d’autre contre elle et (1 :06 :03)il faut toujours tenir le parti ce qui est scandaleux, pour un homme il n’y a personne qui pense à le blackbouler alors que quand vous êtes une femme au sein du parti on se dit on va voir si on ne peut pas investir quelqu’un d’autre ; Et moi je vais vous raconter la commission d’investiture à l’UMP sur la Seine et Marne rapidement, c’était le jour de la journée des femmes et Nicolas Sarkozy m’avait demandé, en tant que président de l’UMP de participer à la convention des femmes l’après midi sur un sujet de fond, et puis je reçois un papier comme quoi j’avais la commission d’investiture pour les élections législatives cet après midi là, et je vois Marlex qui est maintenant ministre qui s’occupait un peu des élections qui me dit mais non Chantal tu peux aller tranquillement à ta convention il n’y a pas de problèmes tu vas être investie, eh bien dites moi quand je suis arrivée à 3h et demi à la convention d’investiture fin 2006 avant les élections législatives j’ai pas été déçue du voyage parce que quand on est arrivés à la 8ème circonscription, qui est la mienne, je vous dirai pas qui , patron de l’UMP a dit : ah, mais voilà, dans la 8ème circonscription il y a d’autres candidats à l’investiture de l’UMP, mais comme Chantal est une femme et bien finalement on va la soutenir, là dessus y a Gaudin qui a dit : mais on ne parle pas comme ça à Chantal, et moi à la personne qui a dit ça pendant 8 fois je lui ai dit : tu as dit qui y avait quelqu’un contre moi, patati patata, en fait y avait personne, j’ai pas lâché et vraiment d’ailleurs je l’ai mis en difficulté. Mais c’est scandaleux, alors que pour les autres personne n’avait dit qu’il y avait d’autres candidatures, je veux dire tout ça, ça prouve le machisme un peu dans tous les partis, et bon enfin maintenant, si vous voulez, il fait être très fort pour être candidat, il faut être très fort, qu’il faut se battre et penser que rien n’est acquis qu’on remet toujours en cause les choses.

Modérateur

Un dernier mot, peut être, Madame Cresson ?

Mme Cresson

Sur la solidarité entre les femmes. C‘est quand même extraordinaire, on pousse une femme, en se disant ça sera plus facile de la dézinguer après, donc et on se dit c’est un leurre, c’est ça, donc il l’ont poussée en avant sur le thème « les carpes et les lapins c'est-à-dire, on est fait pour s’aimer même si on s’est toujours détestés», donc on la pousse en avant et voilà c’est un espèce d’appeau, de piège et moi je l’ai vécu comme ça, je suis pas la seule, je peux vous dire, donc ils ont recours à toutes les ruses, c’est pour ça que je dis, parce que les règles c’est très important les règles, dans une organisation et dans la société, le non cumul d’un certain nombre de règles dont a parlé, sachant que le comportement des hommes dans les partis sera toujours le même. (applaudissements)

Modérateur

Merci, beaucoup, pour terminer vous nous avez fait la gentillesse de rester jusqu’au bout malgré vos emplois du temps je sais très chargés, j’ai envie de vous poser une dernière question, toujours dans le souci de la parité, l’homme que vous êtes, Monsieur, qui est bien reconnu dès le dé


 
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